Pourquoi suis-je si laide ?

Chère Jenny,

Tu essaies d’éviter les miroirs, mais ils t’attirent. Des boutons rouges menacent constamment ton reflet dans la glace. Maudite acné. Tu fixes le miroir, consternée, en te demandant pourquoi tu es si laide.

Partout où tu vas, on dirait que tout le monde te regarde. Même quand tu lèves le doigt en cours, ravie d’étudier William Blake ou E.M. Forster, tu ressens de la honte. Ta confiance est une façade, elle est artificielle. Tu accuses ta peau récalcitrante d’en être responsable, et tu te sens encore plus malheureuse que jamais.

Prier au sujet de l’acné ? Tu l’as déjà fait dès que les premiers boutons gênants sont apparus. Tu as déjà eu d’autres guérisons physiques par le passé. Si une vision plus claire, plus douce de Dieu a pu te guérir d’une blessure au genou quand tu étais au lycée, pourquoi ne pourrait-elle pas guérir ceci ? Mais rien ne semble marcher. Au lieu de se tourner vers Dieu, Sa perfection et Sa beauté, tes pensées tourbillonnent avec désespoir autour de la laideur. Même si tu n’es pas en train de scruter ton image dans le miroir pour la énième fois, c’est tout comme. Dans ta tête, des marques d’un rouge criant surgissent sans arrêt ; parfois c’est comme si tu ne pouvais pas penser à autre chose.

Au bout d’un certain temps, tu te décides à appeler un praticien de la Science Chrétienne pour demander de l’aide, mais très rapidement, tu es frustrée car rien ne semble changer. Mais quelque chose est en train de changer. Quelque chose dont, dix ans plus tard, tu te souviens comme d’un changement bien plus important qu’une guérison en particulier. Ces quelques jours de prière avec le praticien marquent le début d’un grand changement dans ta manière de te regarder. Et, bien que tu ne le saches pas encore, ce changement de pensée fait toute la différence.

Aussi longtemps que tu t’en souviennes, tu t’es toujours trouvée laide. Moins jolie que tes amies, et que presque toutes les filles que tu rencontrais.

« Dis le moi que je suis laide », disais-tu à ta mère. « Dis le. Sois honnête. »

« Ta beauté est spirituelle » répondait-elle, pour essayer de te consoler.

Mais au contraire, cela te rendait encore plus furieuse. Pourquoi est-ce que tout le monde avait le droit à une beauté physique alors que toi tu te retrouvais coincée avec une beauté spirituelle que personne ne pouvait voir ?

Donc maintenant, quand le praticien évoque également la beauté, cela déclenche quelque chose. Tu commences peu à peu à réaliser que l’image que tu as de toi-même pourrait bénéficier d’un léger embellissement. Au début, tu l’ignores. Tu es frustrée du fait que l’acné persiste et l’idée de contempler la beauté ressemble presque à un sarcasme. Mais l’envie de savoir ce qu’est la vraie beauté ne te lâche pas, et, lentement mais sûrement, tu y cèdes.

Et que découvres-tu ? Quelque chose de magnifique. Tu aimes tout particulièrement ce passage de Science et Santé avec la Clef des Ecritures : « La beauté est un élément de la vie ; elle demeure pour toujours dans l’Entendement éternel et reflète les charmes de Sa bonté en expression, en forme, en contour et en couleur. C’est l’Amour colore les pétales d’une variété infinie de teintes, qui étincelle dans le chaud rayon de soleil, qui trace sur le nuage son arc de beauté, qui orne la nuit de gemmes stellaires et revêt la terre de beauté. »[1]

Cela te va droit au cœur de réaliser que c’est l’Amour qui revêt la terre - y compris toi - de beauté. Et tu te sens honteuse d’avoir renié ta propre beauté. Après tout, n’est-il pas vrai que renier la gloire que Dieu t’a donnée est tout comme renier l’amour que Dieu a pour toi ? Peut-être luttes-tu encore avec l’idée que tu es belle, mais tu sais que Dieu t’aime. Il est temps de reconnaître chacune des facettes de cet amour.

Tu es en train d’apprendre d’autres choses également concernant la beauté. Comme le fait qu’il n’y a pas une beauté matérielle et une beauté spirituelle. Si Dieu, l’Esprit, est Tout-en-tout, alors la beauté ne peut exister dans la matière ; elle doit être entièrement spirituelle. C’était cela que ta mère essayait de te faire comprendre durant tout ce temps - que ta beauté t’appartenait par réflexion, comme c’est le cas pour chacun. Le jour où tu t’en rends compte par toi même, il semble que tu regardes tout le monde, y compris toi-même, avec des yeux neufs.

Quant à la croyance adamantine de ta propre laideur ? Elle disparaît. Tout à coup, sans effort, tu te trouves belle - et tu n’as pas besoin d’un miroir pour te le dire.
De plus, même le miroir t’offre un nouveau reflet. L’acné est partie, et a été remplacée par quelque chose d’encore plus précieux qu’une peau purifiée. Pour la première fois de ta vie, tu vis en sachant que Dieu t’aime suffisamment pour te créer à Son image. Belle. Pour toujours.

Amicalement,

Jenny



[1] Science et Santé p. 247

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Comments

  1. Alexandre says:

    Merci pour cet article encourageant et inspirant.

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